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16 juin 2014

Varkala-Trivandrum-Mumbai-Delhi-Dubai-New York-Montréal (2e partie)

À journée longue, titre de billet long...

J'en étais donc à ma dernière journée en Inde et la cadran m'a tiré du lit à 6 h du matin, avec tout juste une heure de sommeil derrière les paupières.

Il faisait encore sombre quand j'ai pris la route de la gare, où mon billet devait m'attendre, selon mon agence de Delhi. Là, on m'a informé qu'il était impossible de réserver un billet. Qu'on l'achetait sur place avant de partir, point. J'ai donc pris la chance de me procurer un billet avant de m'installer sur le quai pour attendre.

Sans indication aucune, il apparaît parfois difficile de comprendre où on va. C'est quand un premier train s'est immobilisé que j'ai découvert que j'attendais du mauvais côté des rails. Sans une mince connaissance de la géographie de la région, j'aurais probablement pu me tromper. Mais visiblement, ce train s'en allait d'où je venais.

J'ai finalement pris la direction de Trivandrum, très au sud, en cognant des clous dans le train. Par chance, c'était le dernier arrêt du trajet et j'ai pu suivre la foule qui abandonnait tous les wagons.

À la gare, rien de mieux que les taxis prépayés pour économiser. On paie un roupie pour qu'on nous donne un coupon. Sur le coupon, la valeur du montant qu'on devra remettre au chauffeur pour atteindre notre destination. Mon aller simple pour l'aéroport coûterait 77 roupies. Une aubaine si je compare à tous les prix payés pour des tuks-tuks pendant le voyage.

10 juin 2014

Varkala-Trivandrum-Mumbai-Delhi-Dubai-New York-Montréal

Le dernier volet de mon aventure en Inde a été composé de près de 48 heures sans sommeil. Belle façon de mettre un terme à un mois de vagabondage. 48 heures, donc, qui constituent une seule et même journée dans mes souvenirs.

Varkala à travers les yeux d'une autre.

Le début de la fin avait été somme toute assez calme. Je suis parti vers la plage Noire de Varkala pour terminer mon livre. J'ai croisé une autre cliente de l'auberge, une Allemande, avec qui j'ai passé le reste de la journée. Nous avons profité de l'eau chaude un brin, avons discuté, assis sous des palmiers à regarder la mer, et nous avons lu, aussi, parce que nous étions zen, tout simplement.

Sur le chemin du retour, nous avons fait les petites boutiques, jusqu'à nous convaincre d'acheter chacun une petite oeuvre d'art, des dessins réalisés par des artistes indiens. Difficile d'en évaluer la valeur réelle. Il fallait donc négocier et tenter de deviner. Tout ce que je saurai dire, c'est que j'ai fait réduire le prix de mon dessin de moitié, malgré la culpabilité grandissante de ma nouvelle amie.

Nous avons ensuite partagé le souper. J'ai opté pour le poisson frais au cari. Délicieux! À Varkala, à l'entrée des restaurants, les énormes prises du jour gisent dans un bac à glace. Difficile de trouver plus frais... Et pour dessert, nous avons partagé un mythique Hello to the queen. En réalité, nous nous étions entendus pour partager ce dessert au restaurant, savamment choisi parce qu'il offrait ce met dans son menu, et pour partager un gâteau chocolat-bananes qui nous narguait depuis trois jours dans la vitrine d'un autre resto. Au final, la dernière portion choco-banane avait été vendue quand nous étions prêts à succomber. Notre tour de taille nous en remercie.

26 mai 2014

Une odeur de tour du monde

Kappil 
Visiblement, à Varkala, il n'y a aucune raison de craindre la pluie. Du moins, pas en janvier. Peut-être parce que je savais que j'étais là pour plusieurs jours. Peut-être parce que le bruit des vagues suffit à réduire la quantité de stress. Peut-être que c'était finalement le poids d'un mois à voyager... Il y avait soudain cette odeur de tour du monde.

Cette espèce de nonchalance, de volonté de vivre les minutes une à la fois sans voir plus loin que le bout des orteils qu'on enfonce dans le sable brûlant, elle était revenue.

J'ai marché au moins un kilomètre pour trouver le guichet automatique le plus près, question de passer à travers la journée sans soucis. Là, on m'a dit que la machine était vide. Qu'on la remplirait en fin d'après-midi. Tant pis. Je n'allais pas gâcher la journée pour si peu.

Je suis reparti doucement avec pour seul objectif la plage de Kappil. Il suffit de marcher vers le nord, encore et toujours, sans jamais s'arrêter. Il faut une heure, deux tout au plus, pour l'atteindre. Plus on s'éloigne de Varkala, plus les berges sont abandonnées par les touristes. On en croise un ou deux à l'occasion, mais rien de plus.

Kappil
En dehors de la touristique Varkala, toutefois, il ne faut pas espérer trouver des stands de collations ou de bouteilles d'eau aux dix mètres. Il faut rationner... ou apporter quantité de fluides. Idem pour l'ombre. Impossible à trouver.

La plage de Kappil apparaît enfin, déserte, une étendue de sable pour moi tout seul. Mais voilà, il m'a fallu chercher un peu beaucoup pour trouver un endroit où manger. J'ai abouti sur le bord d'un étang, sous un petit gazebo de fortune construit en annexe à une maison sans porte. Il y avait un menu, mais le seul choix disponible était le poisson du jour avec du riz... Si ce n'est pas ça la vraie vie...

J'ai mangé là, au milieu de nulle part, avant de retourner sur la plage un instant. Puis, je suis rentré en tuk-tuk en prenant soin de m'arrêter sur une autre plage moins achalandée au retour. J'ai fini la soirée par une bouffe au resto, sur la plage de Varkala.

19 mai 2014

Les plages de Varkala




Varkala est tout au sud de l'Inde, sur la côte ouest, dans l'État de Kerala. Et je dois le dire d'emblée, je ne suis pas un grand partisan des plages où les riches touristes s'échouent sous des parasols qu'ils ont loués au gros prix.

Déjà en janvier, les températures sont particulièrement élevées à Varkala. De 11 h à 16 h, la chaleur intense, le soleil qui plombe, peuvent entraîner des ennuis de santé assez important. Il faut prévoir le coup.

Quand on a choisi de dormir dans un des hôtels à proximité de la plage, le meilleur endroit pour commencer est probablement l'héliport, un stationnement à la croisée des chemins. De là, on peut avoir un bon aperçu de la plage principale, celle qui est la plus prisée des touristes (photo à droite). Elle se trouve au pied des falaises, en contre-bas de l'allée de petits magasins et de restaurants.

J'ai décidé de commencer l'exploration au sud. Rapidement, on interagit avec les autres touristes. Ils nous donnent les trucs pour explorer les bons endroits, pour trouver les meilleurs restaurants. J'ai croisé un couple français qui m'expliquait qu'on pouvait faire du parapente quand les vents sont favorables. Oui, mais non.

Je suis parti encore plus au sud, là où les touristes ne s'aventurent que très peu. Il faut escalader quelques roches, toujours porter des chaussures, parce que le sol est brûlant, et s'assurer que la marée ne nous coincera pas à l'autre bout.

Chacune des petites plages croisées sont quasi désertes. Plus on va au sud, plus on tombe sur des Indiens, moins on croise des Blancs. Il y a bien le risque d'apercevoir un homme nu caché quelque part, mais pour le reste, les étendues de sable sont juste pour nous. Et bien sûr, si un vendeur itinérant nous voit, il voudra nous vendre un djembé ou quelques autres cossins inutiles qu'on se meurt d'envie de transporter toute la journée.

Je suis retourné vers mon point de départ pour le dîner, déjà souffrant d'un coup de soleil sur le dessus des pieds. Leçon : ne pas mettre de crème avant d'enlever ses souliers.

11 mai 2014

La route vers Varkala

Dernier coup d'oeil sur Munnar.
Ce jour-là, je partais pour Varkala. Un seul autobus par jour, y paraît, au départ de Munnar. Après une courte marche dans le village, notamment pour m'acheter quelque chose à grignoter, au cas, j'attends le bon bus en compagnie du gars de l'auberge. C'est lui qui me dira dans lequel monter.

J'en ai maintenant l'habitude. Il indique au préposé aux billets le nom de ma destination. En théorie, il doit m'avertir quand vient le moment de descendre.

Je prends place sur un banc, à côté d'une « pas de vitre » et je cherche à m'occuper, mon iPod étant maintenant disparu. J'en ai pour six ou sept heures il paraît... Mais je sais ce que ça veut dire : probablement plus.

J'ai refait exactement le même trajet qu'à l'aller, interminable, en passant par Kochi et Alleppey. Les mêmes courbes qui secouent de gauche à droite. Avec un arrêt à Kochi, où l'autobus s'est rempli. C'était aussi l'occasion de sortir une minute ou deux pour se délier les jambes. Mais attention, il n'est pas certain qu'on vous attende si vous vous éternisez. Et quand on voyage seul, soit on sort ses bagages pour s'assurer de ne pas se faire voler, et on perd son siège, ou on prend la chance de le laisser dans le bus. Plan B pour moi.

Autre arrêt à Alleppey, puis, le coucher de soleil. Et encore de la route. Et encore.

La pizza sur pain naan du Juice Shack,
de coeur à Varkala
Jusqu'à ce qu'on me fasse signe de descendre, sur le bord de la route, pas exactement à Varkala. Étrangement, ce coin de nulle part était calme. C'était la route principale, bordée d'édifices, mais sans la frénésie des villes. Sans la lumière qui défie la noirceur dans les endroits particulièrement bondés. Là où il n'y a presque personne, la seule solution est de sauter dans le premier rickshaw, si on en trouve un, et de faire confiance. Of course, bien sûr, il nous conduira chez son cousin/frère/ami/voisin pour nous inciter à y réserver une chambre. Mais au final, il nous dépose là où on lui a indiqué de le faire.

N'empêche, le premier contact avec Varkala est particulièrement charmant. Il y a bien sûr toute l'allée de restaurants et de boutiques, pour les touristes, mais on entend aussi les vagues se briser sur la plage, juste en bas de la falaise. On y découvre rapidement que, où qu'on mange, la nourriture sera sûrement géniale. Il y a tellement de restaurants que ceux servant des plats ordinaires auront tôt fait de fermer boutique.

Mon premier coup de coeur : le Juice Shack.


4 mai 2014

Munnar, de thé en hasard


Y'a pas grand-chose à faire le soir à Munnar. On se promène près de l'église illuminée, on sillonne les rues en quelques minutes et voilà, plus rien à faire. Des bars? Il y en a bien un ou deux, dans des hôtels, mais encore faut-il arriver à s'y rendre.


J'ai donc fait une recherche dans internet pour savoir ce qui était réellement incontournable. J'y ai trouvé le nom d'un chauffeur de rickshaw qui était semble-t-il le meilleur en ville. Je ne l'ai pas noté, n'ayant pas l'intention de faire appel à un chauffeur pour la journée suivante.

Après mon petit-déjeuner, j'ai descendu la colline sur laquelle était perchée mon auberge et j'ai commencé à faire des plans. Croyez-le ou non, le chauffeur en question (je suis certain que c'était lui) m'a abordé dans la rue. Le marché est difficile pour se démarquer des autres chauffeurs. Celui-là, il était particulièrement sympathique. Je me suis amusé à négocier avec lui et jamais il n'a perdu le sourire. J'ai décidé de lui laisser une chance.

3 mai 2014

Les marionnettes d'Udaipur

À Udaipur, un spectacle de danses et de marionnettes traditionnelles est offert aux touristes. Voici un court extrait du spectacle de marionnettes.


26 avril 2014

La route vers Munnar

Le bus pour Munnar partait en après-midi, ce qui me laissait amplement le temps d'aller découvrir la plage d'Alappuzha (Alleppey). Elle était toutefois relativement loin de mon hôtel.

Avec tout le temps devant moi, j'ai décidé de m'y rendre à pied, question de découvrir le village pendant le trajet. Le problème, c'est qu'Alleppey est une espèce de Venise indienne. Quand un pont est fermé ou en construction, il faut trouver une route alternative. Et il faut parfois y consacrer beaucoup de temps.

Plus j'approchais de la plage, plus les routes étaient désertes. Surprenant, jusqu'à un certain point.

La plage elle-même n'avait rien des lieux touristiques qu'on trouve ailleurs dans le monde. Du sable à perte de vue, oui, des commerçants qui offrent des tours de chameaux, aussi, mais aucune nécessité de jouer du coude pour trouver un endroit pour s'asseoir. Pas de parasols non plus. Il y avait, çà et là, des groupes de garçons ou de jeunes hommes qui s'amusaient dans l'eau, complètement habillés, comme plusieurs le font en Inde.

Il y avait aussi quelques couples en séances de photos pour leur mariage. Il s'agit d'un contraste intéressant avec les relations homme-femme dans la nord du pays. Ici, on sent la chimie entre les amoureux.

Outre plusieurs Indiens qui souhaitaient que le Blanc en moi aille affronter les vagues avec eux, je n'ai pas été interpellé par des vendeurs sur cette jolie plage. Ça fait changement.

J'ai choisi de rentrer en rickshaw, pour être certain de ne pas rater mon bus. Il m'a fallu négocier fort et ignorer ceux qui refusaient de baisser leur prix pour avoir exactement le prix que je souhaitais.

À mon hôtel, le jeune propriétaire a entassé tous mes bagages sur sa mobylette, m'a fait monter derrière lui et m'a finalement assigné une place dans un bus sans vitre aux fenêtres. J'en avais pour environ six heures, qu'il disait.

Munnar étant un peu à l'écart des routes principales, en montagne, il me fallait repasser par Kochin pour y arriver. Une heure après le départ, environ, l'autobus s'est immobilisé et on a demandé à tous les passagers de descendre. Le pont, devant nous, ne supporterait pas le poids d'un autobus rempli. Il fallait donc laisser le véhicule passer et traverser à pied. Rassurant!

Beaucoup plus tard, nous avons commencé à gravir les montagnes sur des routes sinueuses sans garde-fou. Par chance, en Inde, on utilise la voie de gauche. Pour monter, nous étions donc dans la voie intérieure. On comprend toutefois assez rapidement comme des accidents peuvent survenir.

Pendant des heures, notre chauffeur négociait des virages serrés vers la droite, puis vers la gauche, tous les 100 mètres environ.

La nuit est tombée et, dans un village, nous avons croisé une procession chrétienne. Devant, il y avait des gens qui transportaient une statut. Derrière, des jeunes hommes tapaient du tambour. Le cortège était long et large et prenait une voie entière, ce qui rendait les virages en épingle laborieux pour les véhicules imposants. On m'a raconté que cette procession se tenait une fois l'an seulement.

Au bout du compte, il a fallu au moins huit heures pour atteindre Munnar. En soirée, il ne restait presque plus de restaurants ouverts pour me permettre de casser la croûte. J'ai grimpé une colline jusqu'à ma chambre d'hôtel et me suis aperçu que j'avais probablement laissé mon iPod dans le bus... Y'a des journées comme ça.

21 avril 2014

Les cerfs-volants en vidéo

Puisqu'une photo ne rend jamais vraiment justice à un phénomène, voici une vidéo du festival des cerfs-volants, à Jaipur.




19 avril 2014

Prendre le temps à Alleppey


À Allepey, on est loin de tout brouhaha. Les petits hôtels bien entourés de palmiers et d'autres formes de végétation exotique transpirent la paix et le calme. Je soupçonne toutefois que ça ne demeurera pas aussi paisible bien longtemps.

Le plan de ma journée était bien simple : farniente. Conduit à moto jusqu'au quai, j'ai pris place dans un houseboat, ces « maisons-bateaux » très populaires auprès des touristes. Moi qui pensais partager ma mini-croisière avec d'autres voyageurs, j'apprends que je serai seul sur mon île artificielle pour toute la journée.

J'ai ma propre chambre, avec lit double et salle de bain, où je peux déposer mes affaires. Le conducteur s'installe devant la grande roue, à l'avant, et je peux prendre place sur l'un des trois fauteuils derrière lui.

Tout ce qu'il me restait à faire pendant toute la journée? Rien! Lire. M'émerveiller.

Nous avons longé les canaux, traversé un lac, et nous nous sommes arrêtés le temps du dîner. À moi tout seul, j'avais un poisson fraîchement pêché et une kyrielle de condiments. Repas royal.

Nous avons continué de naviguer tout l'après-midi pour nous retrouver, à un certain moment, entourés de nombreux autres bateaux. On m'a encore servi à manger, quelque chose comme six ou sept bananes frites, comme si j'étais capable d'en engloutir autant. J'ai essayé fort, par respect, mais j'ai dû abdiquer.

En fin de journée, avant le souper, on m'a laissé descendre et j'ai pu me promener le long de l'eau, dans un village. Les enfants, très curieux, tentaient de communiquer. L'un d'entre eux s'est même imposé, voulait utiliser mon appareil photo pour me tirer le portrait.

On ne communiquait pas trop bien, lui et moi, mais on arrivait à se comprendre un peu quand même. J'ai même réalisé qu'il me restait quelques biscuits dans mon sac, des grignotines toujours utiles pour les longs trajets d'autobus. Je lui en ai refilé quelques-uns qu'il a engloutis rapidement. So long pour la consigne de ne pas accepter de bouffe des étrangers.

J'ai eu un autre repas de roi pour le souper et, en ayant assez de me sentir épié par les dizaines de geckos au plafond, je suis allé me coucher sans que la journée ait été particulièrement épuisante. Quoique de prendre le temps de ne rien faire tout en explorant des endroits paradisiaques, ça vaut bien la peine une fois de temps en temps.





12 avril 2014

Après le Rajasthan... Kerala

Les hommes se fabriquent des espèces de jupes avec des serviettes
Pour ma dernière semaine en Inde, j'avais décidé d'aller profiter de la chaleur de Kerala, tout au sud du pays. Pour ce faire, il me fallait attraper un avion très tôt à Udaipur.

Alors qu'il faisait encore nuit, j'ai pris un taxi vers l'aéroport. Là, à moins de deux heures du vol, rien n'était encore ouvert. Aux portes d'entrée, on ne laissait passer que ceux qui détenaient un billet valide. Ensuite, il fallait d'ores et déjà faire inspecter le bagage enregistré, qui serait scellé à l'aide d'attaches de plastiques.

Premier coup d'oeil à Alleppey
La traditionnelle sécurité avant de passer à la zone d'embarquement nous obligeait à sortir tous les appareils électroniques de notre bagage à main. Et on ne rigolait pas. Il ne fallait pas oublier la moindre pile au fond du sac, sous peine de recommencer.

Poulet 65
À une vingtaine de minutes du décollage, on montait dans un autobus qui nous menait à notre petit avion. Direction Mumbai. Là, il m'a fallu patienter pendant quatre heures avant de repartir pour Kochin. Pas particulièrement évident de comprendre le système d'affichage pour connaître sa porte d'embarquement. Mais on finit par y parvenir... même si les préposées ne semblaient pas en mesure de répondre à mes questions.

À Kochin, le soleil brillait intensément. À la sortie de l'aéroport, la chaleur était suffocante en comparaison de la fraîcheur du nord. Un chauffeur m'a immédiatement cueilli pour me mener à Alleppey (Alappuzha)... à deux heures de route. C'est que les distances sont toujours énormes en Inde.

Le balcon de ma chambre
De la voiture, je peux déjà constater le mode de vie plus calme dans le sud du pays. La végétation y est plus abondante, la pollution moins évidente. On traverse plusieurs villages, croisant notamment des processions à dos d'éléphant. Il faut aussi noter les routes mieux définies. L'anarchie des voitures qui foncent l'une sur l'autre, sans être complètement éliminée, est moins fréquente.

Puis vint Alleppey même, une petite ville, somme toute, vraiment incomparable avec tout ce que j'avais vu jusqu'à maintenant. Première chose qui frappe : en raison de la chaleur, les hommes ne portent pas de pantalons. Ils se fabriquent une espèce de jupe avec une serviette qu'ils nouent autour de la taille. Ils en remontent ensuite le bas pour obtenir la longueur désirée.

Outre l'énorme Ramada, qui semble planté là en attendant le reste du développement commercial, tout inspire le calme. Les rues sont à peines illuminées, sauf dans le coeur du village, et les restaurants et boutiques ferment très tôt.

C'est à Alleppey que j'ai goûté le poulet 65, du poulet badigeonné de 65 épices différentes. J'ai aussi rencontré un couple de Québécois qui venait tout juste d'arriver en Inde. Après une journée de transit, j'ai regagné mes quartiers dans une chambre beaucoup plus luxueuse que je l'aurais espéré. Il s'agissait presque d'un appartement avec cuisine, chambre et salle de bain. J'avais aussi mon propre balcon avec chaise berçante. On ne rit plus.

6 avril 2014

L'incontournable Udaipur

Udaipur
Peut-être est-ce parce que la vie sociale des voyageurs est plus facile à Udaipur. Peut-être est-ce le soleil qui plombait qui me mettait de bonne humeur. Ou peut-être était-ce la ville elle-même. Toujours est-il que mon court passage à Udaipur figure parmi mes meilleurs souvenirs de l'Inde.
Marché de légumes

Après le déjeuner, je suis parti explorer avec deux autres voyageurs. Nous nous sommes butés à la tour de l'horloge, avons observé le marché de légumes directement dans la rue et visité un grand temple. Il y a, à Udaipur, un rythme de vie moins effréné que dans le reste du Rajasthan. On déambule, on prend son temps et il y a des surprises partout où on pose les yeux.

La principale attraction, le palais, était fermée en raison du mariage princier. Nous ne pouvions donc l'observer que d'un endroit : le lac. Nous nous sommes entassés dans un petit bateau qui nous a permis de nous approcher de l'hôtel qui trône au milieu du plan d'eau. On voyait, sur la rive, l'énorme palais. Et parce que la chance était de notre côté, le bateau s'est arrêté à un quai en plein milieu de la ville avant de reprendre le départ pour nous ramener au bercail.

31 mars 2014

En route vers Udaipur

J'aurais bien aimé passer une journée de plus à Bundi. On dit qu'il y a des chutes qui valent le détour, pas trop loin du village. Mon nouvel ami Vicky, qui me proposait d'occuper ma journée, m'y aurait sûrement conduit sans problème.

Mais voilà. Je devais déjà prendre la route vers Udaipur. On m'avait envoyé un chauffeur, question de ne pas partir trop tard. Udaipur était à environ six heures de route. Le plan, c'était d'arrêter à Chittorgarh en chemin. Mais il pleuvait partout sur le nord de l'Inde. Et quand il pleut en Inde, c'est comme une énorme tempête de la Saint-Valentin au Québec...

Le chauffeur ne répondait pas à son téléphone. On m'en a trouvé un autre. Puis, le premier a répondu, si bien que c'était une course pour savoir qui me cueillerait à Bundi. Avec deux heures de retard, le départ était donné.


Le chauffeur ne parlait pas un anglais merveilleux. Il ne parlait pas vraiment, point. In pour six heures de silence... ou presque. Ce serait bien si seulement je n'étais pas coincé dans une voiture.

Nous avons rapidement quitté la route principale. Le chemin de terre, sous la pluie, était rempli de gros nids-de-poules. À travers les champs, on croisait sept ou huit bicoques, l'allure de rien, où vivaient des Indiens entassés, pieds nus, sans luxe aucun. Les villages, ils étaient minuscules. Des regroupements de quelques familles, rien de plus.

Nous avons finalement atteint la route de nouveau pour arriver à Chittorgarh en après-midi. Là, ce qu'il y a à voir, c'est principalement une énorme forteresse sur une montagne.

24 mars 2014

Coup de coeur pour Bundi

Bundi
J'ai aimé Varanasi d'emblée. Pour le chaos, l'histoire, la tradition. Il y a quelque chose dans sa frénésie. Mais j'hésite encore à lui donner le titre de ville favorite du Nord, surtout après mon passage à Bundi.

Bundi, c'est ce genre de petite ville où on omet de s'arrêter. Dans le Lonely Planet, on lui consacre quelques paragraphes, rien de plus. Et quand on est pressé, on cherche souvent à rentabiliser un séjour en visitant plusieurs attractions dans un court laps de temps. Contourner Bundi serait une grave erreur.

En même temps, ce qui fait le charme de cette petite ville, c'est justement parce que les touristes n'y abondent pas trop. Que les marchands n'ont pas encore pris l'habitude du harcèlement.

Pour mon premier petit-déjeuner, je me suis installé sur la terrasse, face au lac, pour profiter d'un semblant de soleil. Le repas est arrivé subito-presto pendant que des serveurs chassaient les singes qui rôdaient.

Quand est venu le temps d'explorer, j'ai pris la mauvaise direction. Je me suis aventuré là où les Blancs ne vont pas souvent. Sur le pas de leur porte, les Indiens me regardaient passer, m'envoyaient la main en même temps qu'un namaste. Rien de plus. Pas besoin de connaître mon nom. Pas besoin de savoir d'où je viens...

Étrange quand même ce sentiment de pouvoir se promener librement sans se faire harceler.

Je me suis donc dirigé, une fois mon erreur constatée, vers le palais abandonné. Le roi n'ayant pas d'héritier, il a légué ses avoirs à l'État, qui laissent le tout à l'abandon. Faut quand même payer pour entrer, s'entend, et on tente de nous louer un bâton de bois pour effrayer les singes, si jamais on voulait poursuivre l'ascension dans la montagne, vers le fort abandonné.

Vous avez dit confort?

Ma première chambre, de base.
Ma deuxième chambre, plus luxueuse
Le confort est toujours relatif. Je me suis passé ce commentaire après avoir fait une incursion dans des maisons indiennes à Jaipur, pour le festival des cerfs-volants. Elles sont généralement faites de béton, n'ont pas l'air terminées et l'ameublement n'est pas très élaboré.

On s'attend donc à ce que les hôtels soient de qualités inégales. Qu'on tombe parfois sur un lit moins confortable. Que la déco ne soit pas au goût du jour. Mettons! Et je peux dire que je ne suis pas très, très difficile. J'ai dormi sur des matelas qui sentaient le moisi, par terre, dans des huttes de la Thaïlande et du Vietnam. J'ai dormi à même le plancher dans les ryokans japonais et, oui, quand on fait du camping, on dort par terre dans le désert, les montagnes, que le sol soit rocheux, de sable ou incliné...

À Bundi, quand mon chauffeur de rickshaw a réussi à traverser les célébrations d'un mariage et m'a abandonné à mon hôtel, le Haveli Uma Megh, le propriétaire a souligné l'heure tardive. En raison du moment de la réservation, il ne lui restait qu'une chambre, qu'il disait.

13 mars 2014

PUSH-kar


Pushkar! D'emblée, il est décevant que j'aie passé si peu de temps dans cette ville.  Ses montagnes, ses temples... tous ces endroits qu'il aurait fait bon de visiter « à dos » de motocyclette.

À défaut d'avoir ce temps, je me suis engagé dans les ruelles pour rejoindre le lac sacré. On dit que ce lac est apparu quand Brahma a déposé là une fleur de lotus. Les Indiens viennent de partout pour un pèlerinage. Ils se baignent dans le lac, y font des offrandes.


Avant d'arriver au lac, déjà, j'ai croisé des musiciens très bruyants qui invitaient les touristes à se joindre à eux. Déjà, c'est un avant-goût de l'artificiel qui dilue l'authenticité de Pushkar.

Dans les rues longeant le lac, on comprend que le « push » dans Pushkar a sa raison d'être. On essaie par tous les moyens de nous convaincre d'acheter des trucs. On nous force presque à acheter de la marijuana aussi... Mais on dit qu'après quelques jours, quand on s'attarde, les commerçants nous reconnaissent et nous laissent tranquilles.

10 mars 2014

Jodhpur, le début du calme

Forteresse de Jodhpur
Jodhpur, c'était la première ville où j'ai déroché.  Dois-je attribuer tout le mérite à l'ambiance, aux citoyens, ou était-ce seulement le temps qui faisait son oeuvre?

Il faut dire que mon auberge était située à l'extérieur de la zone très touristique. Outre les chauffeurs de rickshaw, on ne sentait pas particulièrement la pression d'acheter ou de consommer.

En matinée, je me suis rendu à la forteresse pour visiter. Pour l'audioguide, beaucoup moins cher que le guide humain, il faut laisser une pièce d'identité. On insiste pour mon passeport. Sur la pancarte à l'entrée, on dit qu'un permis de conduire fera l'affaire. J'insiste à mon tour. Permis de conduire ce sera.

Pour une fois, l'audioguide vaut vraiment la peine. C'est que la forteresse n'a jamais été prise par l'ennemi. Notamment, ses portes ont été installées de façon à empêcher l'ennemi de l'enfoncer en prenant un élan. Des pics ont aussi été installés à la hauteur de la tête des éléphants, pour que ces grosses bestioles ne puissent pas défoncer la porte.

De la forteresse elle-même, la vue sur la ville est magnifique. Et si la place centrale paraît loin, on peut tout à fait s'y rendre à pied sans se fatiguer. On économise sur le transport et on découvre le quartier par le fait même.

5 mars 2014

En route vers Jodhpur


Ce matin-là, je me suis réveillé dans le désert. J'ai eu froid une partie de la nuit. Et je suis parti à dos de chameau vers le point de rencontre avec le Jeep qui me ramènerait en ville, à Jaisalmer.

En dehors des murs de la ville, je me suis lancé à la recherche du bureau de poste et d'un guichet automatique. Le seul guichet de la place fortifiée refusait de cracher les billets de banque.

J'ai trouvé le bureau de poste, où le principe de file d'attente ne fonctionne pas. Tout le monde se lançait devant moi et il a fallu que je m'impose pour réussir à obtenir des timbres. C'est de là, dans une boîte à l'entrée du désert, que j'ai posté mes cartes postales.

Je n'ai pas trouvé de guichet automatique, mais j'ai déniché un gamin qui a réparé la semelle de ma chaussure, qui menaçait de se détacher complètement. Comme partout ailleurs, il aurait souhaité que je lui donne le change exact, ce que je n'avais pas. Et comme par hasard, les Indiens finissent toujours par trouver quelques sous qui traînent pour nous donner du change.

On m'a plus tard placé dans un autobus vers Jodhpur, ce genre d'autobus qui attend sur le côté de la route ou qui s'arrête un peu partout sans qu'on sache vraiment où on est. Par pur hasard, je suis assis à côté du seul autre Blanc du bus.

2 mars 2014

Désert et accident de moto

Le désert de Thar, près de Jaisalmer
On m'avait donné rendez-vous vers 8 h pour lancer l'expédition dans le désert de Jaisalmer. Le départ était prévu près de la forteresse. On me conduirait donc jusque-là en moto.

Comme dans bien des endroits en Inde, on finit par accepter de grimper à l'arrière d'une moto, sans casque, et de se laisser conduire à vitesse folle dans les méandres des villages.

Ce matin-là, les rues étaient presque désertes. Mais il a suffi d'une distraction pour qu'on subisse une collision à un jet de pierre du marché. De l'arrière, j'ai vu l'autre moto arriver directement vers nous. Je me suis vu me fendre le crâne sur le pavé aussi, avec toute l'impuissance du monde.

L'impact n'a finalement pas été trop violent. Je ne suis même pas tombé. Les deux engins ont subi un peu de casse matérielle. L'autre conducteur s'était fait mal à un pied aussi. Mais ç'aurait pu être bien pire. Et comme on m'avait dit que les accidents pouvaient provoquer des émeutes en Inde, j'étais très heureux que tout se règle à l'amiable.

Du point de départ, nous sommes partis à quatre pour notre randonnée dans le désert : un Australien, deux Français et moi. Dès les premiers kilomètres, la conduite du chauffeur de notre Jeep est erratique. Rien de surprenant. Il avale le bitume à une vitesse qui rend inconfortable le couple de Français.

Nous nous arrêtons quelques minutes dans un village, où un adolescent m'adopte d'emblée pour me faire visiter. Il m'entraîne vers l'école et les maisons, au fond, au point où notre chauffeur s'est lancé à ma recherche après m'avoir perdu de vue. L'adolescent aurait bien aimé que je lui laisse ma casquette ou mes lunettes de soleil. Mais quand on s'apprête à passer toute une journée dans le désert, difficile de ne pas être égoïste un brin. Protection d'abord!

26 février 2014

La forteresse de Jaisalmer


Le départ vers Jaisalmer a été un peu stressant, il faut le dire. Quand le train est en retard, qu'on décide d'en laisser un s'arrêter sur sa voie à l'heure où il était supposé arriver, ça porte à confusion.

Mais encore une fois, les Indiens ont fait preuve de gentillesse et m'ont guidé. Et si je ne l'ai pas déjà dit, je le mentionne : il fait un peu froid dans les trains la nuit... en janvier.

Jaisalmer est une petite ville bâtie près du désert, à une centaine de kilomètres de la frontière avec le Pakistan. Tout le monde y vient pour un safari à dos de chameau. Les hôteliers sont donc nombreux à attendre à la gare, à la station de bus aussi, pour tenter de vous attirer chez eux.

La portion touristique de la ville est entourée d'un mur. On y trouve la forteresse, principale attraction. Mon auberge, dans une petite rue, avait une vue sur la forteresse même si elle était située à l'écart.

Bien entendu, je suis allé explorer, traversant le marché où tout le monde tente de convaincre le touriste de s'arrêter pour acheter un foulard, du thé ou une carte postale. Partout, on nous arrête, on nous sert la main, on entame la conversation.