| Devant un centre commercial de Sarajevo, deux écrans géants avaient été installés pour diffuser les matchs de la Coupe du monde. |
Au départ de Paris, j'ai fait une escale à Zagreb, dans un tout petit aéroport, où j'ai pris mon avion pour Sarajevo. Dans la capitale de Bosnie, l'aéroport est tout aussi petit. Et quand on arrive à 22 h 50, il n'y a pas tellement d'action. Les douaniers estampillent les passeports sans esquisser le moindre sourire. Tout ce qu'ils veulent, c'est quitter pour la maison.
Mon chauffeur de taxi était bien heureux de m'avoir comme client. C'était son dernier voyage de la soirée. Dans les rues, sur le chemin vers l'auberge de jeunesse, on croisait de nombreuses voitures arborant le drapeau de la Bosnie. Déjà, c'était la célébration. On attendait avec impatience le match de Coupe du monde qui devait s'amorcer à minuit, heure locale.
À l'auberge, justement, pas un bruit, pas un chat. Seulement l'employé sacrifié qui devrait se taper le match de foot dans la cuisine de l'endroit pendant que toute la ville trimbalerait sa passion dans les rues.
Pour moi, pauvre inculte du ballon rond, juste le temps de prendre une douche pour rafraîchir mon décalage horaire et je piétinais le pavé de la vieille ville.