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16 décembre 2012

Quatre mois plus tard

Un clignement d'oeil, et quatre mois sont passés. Quatre mois depuis que j'ai franchi les portes de l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau pour replonger dans la vie dite normale. Quatre mois à reprendre mon souffle comme je le peux.

Tout le monde dit qu'il est difficile de rentrer de vacances. Il l'est encore plus de revenir de voyage. Et la difficulté ne peut être qu'à la mesure de l'expérience qu'on laisse sur les pages de notre histoire qui se conclut.

Tout bien réfléchi, les embûches ne sont pas précisément là où on les attend. Bien sûr, bien sûr, il y aura cette envie de monter dans le prochain avion vers « n'importe où sauf ici ». Bien sûr, il y aura aussi tous ces souvenirs auquel on s'accrochera et qu'on refusera de laisser partir, de peur de les oublier.

Il y aura aussi tous ces insupportables « Le temps arrangera les choses », presque aussi indigestes que les « Tu es encore jeune, tu vivras bien encore d'autres voyages ».

Oui mais...

18 septembre 2012

Si c'était à refaire...

Sapa, Vietnam
Je prends un retard énorme. Énorme! Dans tout. Parce qu'à revenir à la maison, je m'enfarge un peu trop dans les fleurs du tapis. Mais ça passera. J'espère! Et j'arriverai à rétablir la vitesse du sable qui coule dans le sablier à un rythme qui me convienne davantage.

En attendant, on me demande souvent ce que je pense de cette longue épopée de six mois qui s'éloigne lentement dans le rétroviseur. Si c'était à refaire... me lance-t-on. Avec les points de suspension. Pour que je complète l'affirmation.

Si c'était à refaire, je ne changerais rien. Pas une minute, pas une seconde. Rien! N'en déplaise à ce touriste français qui jugeait ma cavale trop rapide pour que je puisse goûter vraiment les saveurs d'un voyage.

Vrai que je n'en aurai jamais fini avec ce monde. Qu'il m'en restera toujours plus à découvrir. Mais on ne regrette jamais le bonheur. On ne souhaite pas revenir en arrière et changer une ivresse qui nous fait oublier les imperfections de la vie.

Quand j'y repense, je n'ai pas appris tellement de mots dans chacune des langues auxquelles je me suis buté. J'ai eu mal au ventre presque quotidiennement pendant des semaines, des mois. J'ai eu mal aux os à dormir sur des presque-lits, planches de bois à peine couvertes d'une matière visant le confort. J'en ai vécu des frustrations de ne pas pouvoir communiquer, de ne pas savoir où aller, de devoir courir les visas, les bagages perdus, les billets de train et d'autobus. Mais je ne changerais rien. Et ce n'est pas pour bien paraître, pour avoir l'air d'avoir compris quelque chose que je n'ai pas compris ou pour répondre au cliché qui veut qu'on ne regrette jamais le bonheur.

C'est parce que je le sens, juste là. Je sais que j'ai pris la meilleure décision de ma vie en mettant les voiles. Je me suis permis de devenir quelqu'un où que je sois, de laisser une empreinte qui s'efface déjà lentement un peu partout sur la planète, mais qui me permet de m'agripper solidement au volant qui conduit ma vie je-ne-sais-où.

6 septembre 2012

Le repos du nomade

Pendant toute mon aventure, j'ai publié un carnet de voyage aux deux semaines dans le quotidien La Tribune. Voici la reproduction du bilan qui y a été imprimé le 18 août dernier.

Source : CUSTEAU, Jonathan. « Le repos du nomade », La Tribune, samedi 18 août 2012, p. 10.
Les liens que l'on tisse dans un voyage comme celui-là sont beaucoup plus forts qu'on peut se l'imaginer. Ils laissent souvent songeur, toujours un peu triste après chaque adieu, et nous plongent dans une solitude qu'on ne craignait pourtant pas, comme ici sur l'île de Mykonos, en Grèce.

Le repos du nomade


Permettez-moi d’avoir la gorge nouée. Permettez-moi d’avoir la tête qui tourne, saoulé de ces six mois écoulés. En passant la porte de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, mercredi, le livre s’est refermé dans un fracas assourdissant. J’ai fermé la boucle, mis fin à six mois de vagabondage autour du monde. J’ai rangé les voiles. Je suis rentré. Et je refuse toujours d’entendre l’alarme du quotidien qui reprend ses droits.

Après six mois à voguer de découverte en découverte, j’essaie encore de me poser. Ce qu’elle me manquera cette liberté de me lever chaque matin dans un pays différent. Dans un pays que j’aurai choisi.

19 août 2012

Six mois de passés

Voilà qui est fait. Six mois durant, j'ai mangé, dormi, exploré à l'extérieur du pays. Le bilan de ce sixième mois est bien personnel puisque je savais très bien qu'il s'agissait du dernier droit.

Le sixième mois, c'est commencer à revenir dans sa tête. C'est se préparer pour éviter d'éclater en arrivant à l'aéroport. C'est relâcher une partie de l'état de veille, aussi, parce qu'on sait très bien qu'il n'y a plus de billets d'avion à acheter, qu'il ne reste que quelques villes à visiter.

Le sixième mois, c'est avoir une date butoir. Sentir que la flexibilité nous glisse entre les doigts, parce que ce 15 août-là, il faut être dans un avion qui part de La Havane. Pas la choix!

À tout le moins, après autant de temps sur la route, c'est être à l'aise avec n'importe quel imprévu. On ne les appelle d'ailleurs plus « imprévus », parce qu'on cesse de prévoir. On vit avec, c'est tout.

16 juillet 2012

Cinq mois, une histoire sans karma

Le décompte vers le retour à la maison est très, très amorcé. Ceux qui voient le verre à moitié plein diront que j'ai franchi la marque des cinq mois sur la route. Ceux qui voient le verre à moitié vide diront qu'il me reste moins d'un mois à flâner dans des contrées éloignées. À faire mienne cette Terre de plus en plus petite.

Je suis de ceux qui voient le verre à moitié vide, pour le moment. Parce que je n'ai pas tellement envie de rentrer, si ce n'est que pour passer quelques heures avec ce filleul qui s'ennuie (avec raison!) un peu trop pour son petit coeur d'enfant.

Ceci dit, dans la rubrique bilan, je peux sans doute affirmer que ce cinquième mois aura été le plus intense, tant au plan des interrogations, des remises en question, des stress non nécessaires que des rencontres inoubliables. Peut-être juste parce que je deviens encore plus sensible avec le temps.

Ce dernier mois aura été ponctué d'une visite à l'hôpital, d'un arrêt improvisé en Grèce, de l'achat de mon billet d'avion le plus dispendieux à vie, même s'il est one way, d'une aventure rocambolesque pour mon visa pour le Brésil, de bagages perdus et de rencontres bouleversantes. De mon plus grand moment de déprime du voyage aussi, en lien avec toutes ces aventures. Il a d'ailleurs fallu que je m'arrête plusieurs fois, sur des bancs de parc, n'importe où en fait, parce que je n'avais plus envie de bouger. Parce qu'il me fallait absolument faire une pause, réfléchir là, là, et tenter de surmonter le creux de vague. Chercher un sens...

14 juin 2012

Quatre... ou les deux tiers

Roulement de tambour! Quatre mois!

Un quatrième mois vient de passer, plus vite que les précédents, me poussant à vitesse grand V vers un retour annoncé. Pas encore. Il me reste le tiers du parcours à franchir. Mais il reste inévitablement moins de temps devant qu'il y en a derrière. C'est bien ce qui est effrayant.

Ainsi dois-je commencer à me préparer à revenir. Le simple fait de quitter l'Asie du sud-est vers le Moyen-Orient est un pas de géant qui me rapprochera physiquement de la maison. Tout à coup, je cesserai d'être une minorité visible. Parce que les collègues ont beau se payer ma tête en me trouvant des airs arabes, je confonds jusqu'aux vrais habitants du Moyen-Orient. Tous les Israéliens rencontrés à ce jour croient que je suis un des leurs. On verra si ça peut m'être utile.

Pour la portion bilan, le dernier mois a très bien commencé et s'est terminé en queue de poisson. L'incursion en Asie du sud-est m'a fait voir un coin du globe qui ressemble à rien de ce que j'avais vu auparavant. Le Vietnam restera longtemps gravé dans ma mémoire. Pour les amis que je m'y suis faits, mais aussi pour la culture tellement différente et les paysages jusqu'ici inégalés.

15 mai 2012

Mi-parcours

Petit pincement... Déjà (!) la moitié du périple de terminée.

Ce train de vie, je pourrais probablement le tenir pour quelques années. Si j'en avais les moyens, bien sûr. Trois mois, ça paraît long dans le quotidien. Et quand je regarde derrière, je vois bien tout ce que j'ai eu le temps de faire. Et c'est bien ça qui est effrayant. Voir tout ce qu'on peut réaliser quand on se donne le temps. Tout ce qu'on peut découvrir. Alors qu'avec les mêmes trois mois, à la maison, je m'en serais probablement tenu à la routine « métro-boulot-dodo ».

Trois mois, c'est suffisant pour se décoller le nez de l'écorce, pour prendre du recul et jeter un regard un peu éloigné sur ce qui nous entoure. Et en se décollant le nez, on voit mieux les obstacles qui se pointent devant. On sait tout à coup d'où ils arrivent...

Effrayant aussi, parce que le voyage, c'est comme descendre une très longue pente à vélo. On commence doucement, on pédale de plus en plus vite, en gardant les mains près des freins, et on finit par lâcher le guidon et se laisser enivrer par le vent qu'on se prend plein la gueule. Il ne faut juste pas tomber. Et recommencer à freiner avant de frapper un mur.

14 avril 2012

Et de deux!

*À noter que l'internet chinois refuse d'obtempérer pour la mise en ligne de photos. Les portraits de Gilly devront attendre...

Happy anniversary to you... C'est ce que Marilyn chanterait probablement ce dimanche pour souligner mes deux mois à globe-trotter (ou de globe-trottage), à errer à travers les fuseaux horaires.

Deux mois, le tiers du voyage, font maintenant figure de souvenirs. Mais rappelez-vous, c'est probablement un an en vie de tourdumondiste.

Pas de réels problèmes de santé encore (on touche du bois), même si le manque de sommeil et la nourriture chinoise font parfois leur effet. Pas de mésaventures traumatisantes non plus. Mais tout de même plusieurs petits inconforts. C'est normal.

En mode bilan, tel qu'attendu, la Chine pose pour le moment le plus gros défi du point de vue de la langue et de la culture, quoique rien ne peut plus me suprendre avec tout ce qu'on voit à la télé et sur l'internet. Il faut seulement se débarrasser de ses réflexes nord-américains, de ses idées préconçues sur la façon de faire les choses.

19 mars 2012

Un mois - Bilan

Pour ceux que ça intéresse, je suis maintenant parti depuis plus d'un mois. Je suis très content de réaliser que j'ai utilisé TOUT ce que contiennent mes bagages, à l'exception des médicaments. Rien de superflu donc.

Il y a déjà eu plusieurs pépins, tel que raconté. Le plus récent en liste étant mon billet pour Hong Kong, que la compagnie refusait de m'accorder en raison de supposés problèmes avec ma carte de crédit. Le montant avait toutefois été gelé sur ma carte de crédit dès l'achat. Mais il avait disparu par la suite. Tout est maintenant réglé.

Voici donc le trajet que j'ai suivi pendant ce premier mois :
Sherbrooke (CAN)
Burlington (USA)
San Diego (USA)
Los Angeles (USA)
Auckland (N-Z)
Rotorua (N-Z)
Taupo (N-Z)
Wellington (N-Z)
Queenstown (N-Z)
Milford Sound (N-Z)
Queenstown (encore) (N-Z)
Franz Josef (N-Z)
Christchurch (N-Z)
Melbourne (AUS)
Phillip Island (AUS)