23 janvier 2014

Les temples du kama sutra à Khajuraho

Le lendemain, j’ai attrapé un train vers Khajuraho. Il faut quand même galérer un brin pour trouver un
rickshaw vers la gare. Et quand le chauffeur décide que la circulation est trop dense pour nous laisser directement à la gare, on cherche un peu son chemin jusqu’à son train.

Ce qu’il y a de bien, dans ce trajet de sept heures vers la gare de Satna, c’est que j’ai pu utiliser la prise de courant du train pour recharger mes appareils.

Satna, c’était apparemment la gare la plus proche de Khajuraho et la plus facile d’accès pour le trajet que je voulais. Quand le chauffeur qui m’attendait m’a annoncé qu’il fallait ajouter deux heures de route pour arriver à destination, j’étais un peu découragé.

Comme il se faisait tard, il n’a pas mis de temps à s’arrêter à un stand, au coin d’une rue, pour qu’on commande à souper.  Ce serait une omelette dans laquelle le cook a lancé deux tranches de pain en cours de cuisson. Il sert tout ça dans une assiette, sur du papier journal, et on mange idéalement avec les mains.

21 janvier 2014

La leçon de Raj

Le soir de ma seule journée complète à Varanasi, j’ai fait ce que tout bon touriste doit faire : louer un bateau pendant une heure, vers le coucher du soleil, pour aller sur le Gange.

Un bateau à rames (avec rameur inclus) devrait coûter environ 100 roupies. J’ai accepté 200 roupies sans rechigner. Toutefois, le coucher du soleil n’a rien eu de merveilleux, le brouillard couvrant la ville jusqu’à ce que la pluie décide de tomber. Et ça n’avance pas vite à la rame. À l’hôtel, on me proposait un bateau à moteur pour 600 roupies.

Mon chauffeur était prénommé Raj. Il parlait un anglais approximatif.  Il était du type un peu ronchonneur, mais avec un bon cœur. J’ai retenu ses services pour une heure. Il a fallu cinq minutes pour qu’il scande des « God, help me ».  

Il était minuscule. Plus petit, plus menu que moi. Il ramait le plus fort qu’il pouvait, mais nous ne bougions pas beaucoup.

Après un temps, il me demande si je suis riche. Gne! Comme si quelqu’un allait répondre oui à cette question-là. Il m’a demandé pourquoi je n’étais pas riche. Et il m’a fait la leçon le Raj. « Tu crois que la richesse vient de l’argent? Moi je ne suis jamais allé à l’école. Je parle hindi, anglais, japonais, coréen et espagnol. Si j’étais allé à l’école, je n’aurais jamais rencontré les touristes qui m’ont appris ces langues. »

Raj racontait qu’il dormait dans sa barque. Qu’il faisait en moyenne 70 roupies par jour, parce que celui qu’il appelle son « propriétaire » garde la majorité de l’argent qu’il fait à conduire les barques. Il dit qu’il demande souvent à Dieu de prendre sa vie…

Et pendant qu’il me raconte tout ça, que la pluie tombe et qu’il pagaie à contre-courant, le cadavre d’un bébé flotte à la surface du Gange et est entraîné le long de notre embarcation par le fleuve qui va son chemin.

L’Inde est un pays qui développe la paranoïa. Il y a toutes les chances que Raj répète la même histoire à tous les touristes pour les attendrir.  Mais le contexte fait quand même réfléchir.

18 janvier 2014

Les rituels de Varanasi

Sans savoir que mes plans allaient changer, gracieuseté de l’agence de voyage, j’ai pris tout mon temps pour explorer Varanasi en cette première de deux journées en ville. Malheureusement, les horaires de train ayant changé, je découvrirais que cette simple exploration serait la seule expérience que j’aurais de Varanasi.

Bonne nouvelle toutefois, au lieu de visiter des lieux secondaires, je me suis aventuré sur les ghats, en bordure du Gange. J’ai abouti directement au plus important de tous, celui où plus de 300 crémations sont organisées chaque jour. Il y a des piles de bois partout.

Encore, être Blanc garantit qu’on se fera harceler. Un Indien qui parle français m’assure qu’il ne me demandera pas d’argent pour me raconter l’histoire de cet endroit. On voit des gens qui vont prendre leur bain sacré dans le Gange. D’autres qui montent à bord d’un bateau pour aller lancer les cendres d’un défunt en plein milieu du fleuve.

Le plus intéressant est la crémation elle-même. Fumée en quantité industrielle. Poumons emboucanés assurément.

17 janvier 2014

Incursion à Amsterdam

Petite trêve concernant l’Inde pour revenir un tantinet en arrière, au mois de juin dernier, alors que je quittais la chaleur suffocante d’Istanbul un peu à la dernière minute. Je craignais de rater mon vol pour Amsterdam, sur les ailes de Turkish Airlines.

Il faut dire que les préposées à l’aéroport étaient aussi particulièrement lentes. J’ai néanmoins pu monter dans l’avion et arriver à l’aéroport Schipol en soirée, comme prévu.

À Amsterdam, il est hyperfacile de se rendre au centre-ville avec le train. Une quinzaine de minutes, trente tout au plus, et le tour est joué. Et de la gare centrale, plusieurs trams sont à notre disposition.

Je craignais un peu de me perdre, mais tout était très facile, jusqu’à trouver mon auberge de jeunesse, Van Gogh Hostel, à un jet de pierre du musée consacré à ce même artiste.

S’il est reconnu que les auberges de jeunesse de la métropole hollandaise ne soient pas d’une qualité à tout casser, mon établissement était tout à fait acceptable. Ce n’était pas un lieu de beuveries comme je le craignais.

La ville elle-même est très agréable pour marcher, quand on a un peu de temps. C’est ce qui m’a convaincu d’utiliser mes jambes pour me rendre au Dam pour profiter d’un des tours gratuits offerts en matinée ou en après-midi. Il est toutefois impératif de réserver ou d’arriver tôt, puisqu’on m’a refusé l’accès au tour à ma première tentative.

13 janvier 2014

Premier contact avec Varanasi

À la gare de Mughai Sarai, où je suis descendu, mes amis indiens étaient bien déçus de me voir partir. Il a d’ailleurs fallu qu’ils m’aident pour savoir où descendre, parce que ce n’est nullement annoncé. Quand on connaît l’heure d’arrivée, on peut être vigilant. Mais quand le retard est énorme, difficile de trouver ses repères.

Les adieux sont toujours déchirants. Mais ils ne se déroulent jamais dans le calme. Un Blanc? Tous les chauffeurs de taxi, de rickshaw, de n’importe quoi viennent nous importuner. Heureusement, mes amis pouvaient leur répondre d’aller voir ailleurs…

Pour parcourir les 28 km qui me séparaient de mon hôtel, il aura fallu plus d’une heure. Moi qui devais arriver en matinée, je découvrais la route vers Varanasi au soleil couchant.

Il y a la congestion, les autobus, les vélos, les rickshaws qu’il faut contourner en klaxonnant toujours le plus possible. Et ensuite s’aventurer dans des ruelles terreuses qui mettent à l’épreuve n’importe quelle suspension.

Bon à savoir : si l’hôtel dispose de l’eau chaude, il faut généralement le demander à l’accueil pour que quelqu’un mette le chauffe-eau en activités.

Varanasi est un enchevêtrement de ruelles, un labyrinthe où même certains habitants peuvent être confus à l’occasion. À l’hôtel, on me dirige vers un restaurant qui appartient au même propriétaire en me donnant un plan tracé à la main. Ce qui, sur le plan, est dessiné comme une rue principale peut très bien être une allée boueuse. Faut deviner. S’égarer fait aussi partie du plaisir, remarquez.

Après maintes confusions, je trouve le fameux restaurant, où on trouve de tout sur le menu. Reste que si on demande quelque chose en particulier, il faut s’attendre à « don’t have ». C’est de même.


En soirée, passé 22 h, on éteint les lumières un peu partout en ville. Retrouver son chemin dans le labyrinthe, dans la plus pure obscurité… bonne chance! J’y suis à tout le moins parvenu.