2 octobre 2012

Un week-end hors du temps

La philosophie au jour le jour a beau faire son oeuvre, la route du retour demeure cahoteuse, met du temps à se paver.

Pour relâcher la pression, je reprends la route. Repartir pour mieux revenir.

Je me paie un week-end hors du temps. Temps suspendu! Temps étiré.

Le remède à un retour à la maison, c'est probablement de se laisser le temps. Mais aussi de repartir, comme pour un sevrage progressif. C'est mettre en opposition l'ancien-moi et le nouveau-moi. Savoir lequel triomphera.

C'est sortir de ces quatre murs qui se sont érigés dès le retour pour nous encabaner dans le monde d'avant. Ceux qu'on a laissé se rapprocher, qui nous écrasent un peu en nous faisant croire que le passé n'est que le passé, qu'il ne sera jamais plus réalité. Ceux qui adoucissent les grands moments de bonheur du continent A, relativisent les petits malheurs du continent B, font la promotion des vertus du quotidien.


Je décampe! Je débarque à New York, sur invitation, pour retrouver au moins deux grandes amitiés. Des amitiés que je n'ai pas cherchées, mais que j'ai mis un tour du monde à trouver. Des amitiés dont je n'ai plus envie de me passer. Parce qu'elles portent en elles une parcelle de ce bonheur qu'on ne veut pas échapper.

Étrange ce sentiment d'impatience. Une impatience de pouvoir serrer dans nos bras des gens qu'on n'a vus qu'une fois, deux tout au plus, dans une vie. Parce qu'à les serrer très fort, on arrête le chronomètre.

Des amis précieux, qu'on veut garder toute la vie, qu'on a adoptés en claquant des doigts. Des amis à qui on a dit qu'on ne les laisserait plus jamais s'éloigner. Ont répondu qu'ils n'avaient jamais souhaité le contraire. Des amis pour qui on conduirait sept heures en solo, sans arrêt, pour arracher du temps... au temps. Et qu'on se forcerait à quitter en sept autres heures, solo encore.

Ces quatre jours à l'ombre de l'Empire State Building dureront une courte éternité. Demeureront suspendus hors du temps. J'en suis convaincu. Le monde des autres disparaîtra. Ce sera notre monde à nous. Mon monde à moi.

Je reviendrai sans doute un peu triste de n'avoir grappillé que des miettes à ce temps qui s'enfuit. Mais au moins, je ne l'aurai pas laissé filer dans l'indifférence. Et je pourrai déjà planifier un autre moment hors du temps.

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