26 avril 2014

La route vers Munnar

Le bus pour Munnar partait en après-midi, ce qui me laissait amplement le temps d'aller découvrir la plage d'Alappuzha (Alleppey). Elle était toutefois relativement loin de mon hôtel.

Avec tout le temps devant moi, j'ai décidé de m'y rendre à pied, question de découvrir le village pendant le trajet. Le problème, c'est qu'Alleppey est une espèce de Venise indienne. Quand un pont est fermé ou en construction, il faut trouver une route alternative. Et il faut parfois y consacrer beaucoup de temps.

Plus j'approchais de la plage, plus les routes étaient désertes. Surprenant, jusqu'à un certain point.

La plage elle-même n'avait rien des lieux touristiques qu'on trouve ailleurs dans le monde. Du sable à perte de vue, oui, des commerçants qui offrent des tours de chameaux, aussi, mais aucune nécessité de jouer du coude pour trouver un endroit pour s'asseoir. Pas de parasols non plus. Il y avait, çà et là, des groupes de garçons ou de jeunes hommes qui s'amusaient dans l'eau, complètement habillés, comme plusieurs le font en Inde.

Il y avait aussi quelques couples en séances de photos pour leur mariage. Il s'agit d'un contraste intéressant avec les relations homme-femme dans la nord du pays. Ici, on sent la chimie entre les amoureux.

Outre plusieurs Indiens qui souhaitaient que le Blanc en moi aille affronter les vagues avec eux, je n'ai pas été interpellé par des vendeurs sur cette jolie plage. Ça fait changement.

J'ai choisi de rentrer en rickshaw, pour être certain de ne pas rater mon bus. Il m'a fallu négocier fort et ignorer ceux qui refusaient de baisser leur prix pour avoir exactement le prix que je souhaitais.

À mon hôtel, le jeune propriétaire a entassé tous mes bagages sur sa mobylette, m'a fait monter derrière lui et m'a finalement assigné une place dans un bus sans vitre aux fenêtres. J'en avais pour environ six heures, qu'il disait.

Munnar étant un peu à l'écart des routes principales, en montagne, il me fallait repasser par Kochin pour y arriver. Une heure après le départ, environ, l'autobus s'est immobilisé et on a demandé à tous les passagers de descendre. Le pont, devant nous, ne supporterait pas le poids d'un autobus rempli. Il fallait donc laisser le véhicule passer et traverser à pied. Rassurant!

Beaucoup plus tard, nous avons commencé à gravir les montagnes sur des routes sinueuses sans garde-fou. Par chance, en Inde, on utilise la voie de gauche. Pour monter, nous étions donc dans la voie intérieure. On comprend toutefois assez rapidement comme des accidents peuvent survenir.

Pendant des heures, notre chauffeur négociait des virages serrés vers la droite, puis vers la gauche, tous les 100 mètres environ.

La nuit est tombée et, dans un village, nous avons croisé une procession chrétienne. Devant, il y avait des gens qui transportaient une statut. Derrière, des jeunes hommes tapaient du tambour. Le cortège était long et large et prenait une voie entière, ce qui rendait les virages en épingle laborieux pour les véhicules imposants. On m'a raconté que cette procession se tenait une fois l'an seulement.

Au bout du compte, il a fallu au moins huit heures pour atteindre Munnar. En soirée, il ne restait presque plus de restaurants ouverts pour me permettre de casser la croûte. J'ai grimpé une colline jusqu'à ma chambre d'hôtel et me suis aperçu que j'avais probablement laissé mon iPod dans le bus... Y'a des journées comme ça.

21 avril 2014

Les cerfs-volants en vidéo

Puisqu'une photo ne rend jamais vraiment justice à un phénomène, voici une vidéo du festival des cerfs-volants, à Jaipur.



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19 avril 2014

Prendre le temps à Alleppey


À Allepey, on est loin de tout brouhaha. Les petits hôtels bien entourés de palmiers et d'autres formes de végétation exotique transpirent la paix et le calme. Je soupçonne toutefois que ça ne demeurera pas aussi paisible bien longtemps.

Le plan de ma journée était bien simple : farniente. Conduit à moto jusqu'au quai, j'ai pris place dans un houseboat, ces « maisons-bateaux » très populaires auprès des touristes. Moi qui pensais partager ma mini-croisière avec d'autres voyageurs, j'apprends que je serai seul sur mon île artificielle pour toute la journée.

J'ai ma propre chambre, avec lit double et salle de bain, où je peux déposer mes affaires. Le conducteur s'installe devant la grande roue, à l'avant, et je peux prendre place sur l'un des trois fauteuils derrière lui.

Tout ce qu'il me restait à faire pendant toute la journée? Rien! Lire. M'émerveiller.

Nous avons longé les canaux, traversé un lac, et nous nous sommes arrêtés le temps du dîner. À moi tout seul, j'avais un poisson fraîchement pêché et une kyrielle de condiments. Repas royal.

Nous avons continué de naviguer tout l'après-midi pour nous retrouver, à un certain moment, entourés de nombreux autres bateaux. On m'a encore servi à manger, quelque chose comme six ou sept bananes frites, comme si j'étais capable d'en engloutir autant. J'ai essayé fort, par respect, mais j'ai dû abdiquer.

En fin de journée, avant le souper, on m'a laissé descendre et j'ai pu me promener le long de l'eau, dans un village. Les enfants, très curieux, tentaient de communiquer. L'un d'entre eux s'est même imposé, voulait utiliser mon appareil photo pour me tirer le portrait.

On ne communiquait pas trop bien, lui et moi, mais on arrivait à se comprendre un peu quand même. J'ai même réalisé qu'il me restait quelques biscuits dans mon sac, des grignotines toujours utiles pour les longs trajets d'autobus. Je lui en ai refilé quelques-uns qu'il a engloutis rapidement. So long pour la consigne de ne pas accepter de bouffe des étrangers.

J'ai eu un autre repas de roi pour le souper et, en ayant assez de me sentir épié par les dizaines de geckos au plafond, je suis allé me coucher sans que la journée ait été particulièrement épuisante. Quoique de prendre le temps de ne rien faire tout en explorant des endroits paradisiaques, ça vaut bien la peine une fois de temps en temps.





12 avril 2014

Après le Rajasthan... Kerala

Les hommes se fabriquent des espèces de jupes avec des serviettes
Pour ma dernière semaine en Inde, j'avais décidé d'aller profiter de la chaleur de Kerala, tout au sud du pays. Pour ce faire, il me fallait attraper un avion très tôt à Udaipur.

Alors qu'il faisait encore nuit, j'ai pris un taxi vers l'aéroport. Là, à moins de deux heures du vol, rien n'était encore ouvert. Aux portes d'entrée, on ne laissait passer que ceux qui détenaient un billet valide. Ensuite, il fallait d'ores et déjà faire inspecter le bagage enregistré, qui serait scellé à l'aide d'attaches de plastiques.

Premier coup d'oeil à Alleppey
La traditionnelle sécurité avant de passer à la zone d'embarquement nous obligeait à sortir tous les appareils électroniques de notre bagage à main. Et on ne rigolait pas. Il ne fallait pas oublier la moindre pile au fond du sac, sous peine de recommencer.

Poulet 65
À une vingtaine de minutes du décollage, on montait dans un autobus qui nous menait à notre petit avion. Direction Mumbai. Là, il m'a fallu patienter pendant quatre heures avant de repartir pour Kochin. Pas particulièrement évident de comprendre le système d'affichage pour connaître sa porte d'embarquement. Mais on finit par y parvenir... même si les préposées ne semblaient pas en mesure de répondre à mes questions.

À Kochin, le soleil brillait intensément. À la sortie de l'aéroport, la chaleur était suffocante en comparaison de la fraîcheur du nord. Un chauffeur m'a immédiatement cueilli pour me mener à Alleppey (Alappuzha)... à deux heures de route. C'est que les distances sont toujours énormes en Inde.

Le balcon de ma chambre
De la voiture, je peux déjà constater le mode de vie plus calme dans le sud du pays. La végétation y est plus abondante, la pollution moins évidente. On traverse plusieurs villages, croisant notamment des processions à dos d'éléphant. Il faut aussi noter les routes mieux définies. L'anarchie des voitures qui foncent l'une sur l'autre, sans être complètement éliminée, est moins fréquente.

Puis vint Alleppey même, une petite ville, somme toute, vraiment incomparable avec tout ce que j'avais vu jusqu'à maintenant. Première chose qui frappe : en raison de la chaleur, les hommes ne portent pas de pantalons. Ils se fabriquent une espèce de jupe avec une serviette qu'ils nouent autour de la taille. Ils en remontent ensuite le bas pour obtenir la longueur désirée.

Outre l'énorme Ramada, qui semble planté là en attendant le reste du développement commercial, tout inspire le calme. Les rues sont à peines illuminées, sauf dans le coeur du village, et les restaurants et boutiques ferment très tôt.

C'est à Alleppey que j'ai goûté le poulet 65, du poulet badigeonné de 65 épices différentes. J'ai aussi rencontré un couple de Québécois qui venait tout juste d'arriver en Inde. Après une journée de transit, j'ai regagné mes quartiers dans une chambre beaucoup plus luxueuse que je l'aurais espéré. Il s'agissait presque d'un appartement avec cuisine, chambre et salle de bain. J'avais aussi mon propre balcon avec chaise berçante. On ne rit plus.

6 avril 2014

L'incontournable Udaipur

Udaipur
Peut-être est-ce parce que la vie sociale des voyageurs est plus facile à Udaipur. Peut-être est-ce le soleil qui plombait qui me mettait de bonne humeur. Ou peut-être était-ce la ville elle-même. Toujours est-il que mon court passage à Udaipur figure parmi mes meilleurs souvenirs de l'Inde.
Marché de légumes

Après le déjeuner, je suis parti explorer avec deux autres voyageurs. Nous nous sommes butés à la tour de l'horloge, avons observé le marché de légumes directement dans la rue et visité un grand temple. Il y a, à Udaipur, un rythme de vie moins effréné que dans le reste du Rajasthan. On déambule, on prend son temps et il y a des surprises partout où on pose les yeux.

La principale attraction, le palais, était fermée en raison du mariage princier. Nous ne pouvions donc l'observer que d'un endroit : le lac. Nous nous sommes entassés dans un petit bateau qui nous a permis de nous approcher de l'hôtel qui trône au milieu du plan d'eau. On voyait, sur la rive, l'énorme palais. Et parce que la chance était de notre côté, le bateau s'est arrêté à un quai en plein milieu de la ville avant de reprendre le départ pour nous ramener au bercail.