13 juillet 2012

L'épopée des bagages perdus

Lisbonne, Portugal
J'aurais dû me la fermer!

J'aurais dû me la fermer avec mon histoire de karma. Comme je le disais dans mon message précédent, quand on crache dans les airs, ça nous retombe dessus. Quoique, j'aurai une deuxième histoire pour contrebalancer. Et me prouver que je ne sais pas quoi penser de ce karma.

Après avoir fait l'éloge de l'aéroport de Helsinki, j'ai pris mon vol pour Prague comme prévu. Il semble que mon escale d'une heure, en route vers Lisbonne, ait été suffisante pour que je marche de la porte C4 à la porte C7 (environ 50 mètres), dans l'aéroport, mais que les bagagistes auraient eu besoin d'une douzaine d'heures supplémentaires pour assurer le transfert de mes avoirs... On dirait que la distance était plus longue en boguey.

À mon arrivée à Lisbonne, avec la déconseillée compagnie TAP, l'atterrissage a été relativement chancelant, si on peut utiliser ce qualificatif pour un atterrissage. Nous étions trente minutes en retard. Et pendant que tout le monde attendait devant le convoyeur, l'intercom crachait que nos bagages seraient livrés (pour la plupart d'entre nous) avec 15 minutes de retard supplémentaires. Peut-être fallait-il les laisser décanter cet atterrissage ordinaire.


C'est là que je me suis dit : ce serait vraiment le pire moment pour que mes bagages soient perdus.

Déjà-vu!

J'aurais dû me la fermer, dans ma tête.

Je m'étais passé la même réflexion à l'aéroport de San Francisco, il y a deux ans. Magie, mes bagages avaient été déclarés manquants, acheminés à New York alors que je n'y faisais même pas escale.

On dirait que mon cerveau avait senti la chose encore. Pas de bagages.

« Avez-vous regardé sur le convoyeur des bagages de grosse dimension? » me demande-t-on.

C'est parce que j'ai un sac à dos, pas un éléphant sur une planche de surf...

Brettage, brettage, brettage... On déclare finalement mes bagages perdus. L'ordinateur ne savait pas où ils étaient. Parce qu'il est vrai que si les bagagistes ont manqué de temps pour transférer mes bagages à Prague, quatre heures ont été insuffisantes pour le signaler dans le système informatique, de manière à me rassurer.

Par chance, dans mon bagage à main, j'ai tous mes objets de valeur. Mais pas ma brosse à dents. Pas de vêtements de rechange non plus.

La compagnie aérienne me fournit alors une trousse de dépannage visiblement conçue pour les femmes (sans sexisme, dis-je).

Yé! J'ai du déodorant hyper blanchissant avec odeur de fille, une lime à ongles, une brosse à cheveux, une bouteille de shampooing, pas de savon, mais de la crème hydratante. J'ai aussi du savon à lessive (merci, mais vous avez perdu mon linge, alors je n'en aurai pas besoin) et des cotons démaquillants. Ha oui, un beau chandail blanc extra-large (la taille n'a rien à voir avec le fait que ce soit une trousse de fille), et une brosse à dents.

À l'auberge de jeunesse où je loge (l'excellent Goodnight Hostel), on me confirme qu'on appelle régulièrement pour récupérer les bagages de voyageurs arrivés avec TAP. Est-ce que j'ai dit que je déconseillais de prendre TAP?

Matin suivant, la préposée à l'accueil de l'auberge offre d'appeler pour moi afin de savoir où en est la traque de mes affaires. Je l'entends utiliser des mots comme puta et stupido. Je vous laisse traduire.

Douze heures après mon arrivée, on ne sait toujours pas où sont les objets perdus. Mais TAP déduit que l'hypothèse la plus probable est qu'ils soient demeurés à Prague lors du transfert, parce qu'ils ont bien quitté Helsinki.

BRA-VO! J'aurais pu le dire à ma sortie de l'avion! Aussi évident que le nez dans la face, comme on dit.
Peut-être qu'on aurait sauvé 12 heures de réflexions inutiles et qu'on aurait gagné en actions concrètes si je leur en avais touché un mot.

Je suis bien sûr allé m'acheter des culottes courtes (encore), parce que le Portugal, c'est trop chaud en jean, et le nécessaire au cas où je serais privé des mes affaires pour quelques jours. Du bel argent lancé par les fenêtres.

En soirée, la compagnie a finalement téléphoné pour dire qu'elle livrerait mes bagages en début de nuit. J'ai ainsi pu récupérer mes vêtements en attente de lessive et autres bouts de tissu après 24 joyeuses heures.

Plus jamais TAP... sauf une dernière fois pour me rendre au Brésil, puisque le vol est déjà acheté.

J'aurais dû attendre avant de réserver avec eux...

Aucun commentaire:

Publier un commentaire