16 juillet 2012

Étrangement le Portugal

Sagres, Portugal
Avec toutes ces histoires de karma remplies d'émotions, j'ai négligé un tout petit brin de vous jaser de ma dernière destination en date : le Portugal.

Si je dis que San Francisco est ma ville préférée dans tout le monde entier (jusqu'à maintenant), et que Lisbonne me rappelle San Francisco, ça vous situe?

La chaleur attendue ne s'est pas présentée dès le début. Un modeste 28 degrés Celsius faisait osciller le mercure à un maximum considéré frisquet. Sans compter qu'il fallait enfiler un gros chandail en soirée pour ne pas se les geler.

Mais il semble que le soleil soit en voie de se reprendre, alors qu'on prévoit entre 37 et 40 pour les prochains jours.

Autre constatation : un important festival de musique, avec Radiohead comme tête d'affiche, notamment, se tenait le week-end dernier. Tout le monde envahissait la capitale et réclamait un des lits disponibles dans les auberges de jeunesse.

Bibi, aussi ignorant que toujours, ne l'avait pas vu venir. Mais ce n'était pas si grave que ça. J'ai pris mes cliques et mes claques, ne me suis pas formalisé de devoir visiter trois auberges différentes à Lisbonne, et j'ai réservé mon billet de bus vers Lagos, au sud.

Ville de party où la jeunesse et les douchebags sont rois, Lagos ne me faisait pas sentir particulièrement à ma place. Mais la marche interminable que je me suis payée sur les falaises en valait bien la peine. Sans compter les jolies plages, beaucoup moins commerciales que celles de la Grèce.

Le lendemain, pour mon anniversaire, j'ai cheminé vers Sagres, où se trouve le cap Saint-Vincent, le point à l'extrême sud-ouest de l'Europe. C'est venteux, par là, mais encore une fois, la vue est superbe. Seule ombre au tableau, le kiosque d'information touristique, sur lequel je comptais pour m'y orienter... est fermé les dimanches et les lundis. Comme si les touristes prenaient congé de visite ces journées-là!

Ceci dit, pourquoi étrange le Portugal? Pour mon histoire de visa, premièrement, qui m'a permis d'obtenir l'aide d'une pure inconnue.

Pour cette dame âgée à qui j'ai demandé où se trouvait la station de bus. Qui m'a répondu en portugais avec une réponse que je savais mauvaise, parce qu'elle n'avait pas compris la question. Et qui m'a embrassé très fort sur une joue quand je lui ai dit merci.

Pour les gens qui travaillent dans l'industrie touristique et qui sont les moins sympathiques du pays.

Pour cette autre dame âgée à qui j'ai demandé des directions, qui a semblé intimidée en premier, mais dont les yeux se sont illuminés quand j'ai bafouillé centro, pour lui dire que je voulais retourner au centre-ville.

Pour ces dealers, douze au mètre carré, qui offrent hasch, cocaïne et marijuana à tous les touristes. Et qui ne se contentent pas d'un non comme réponse. Ils vous suivent pour être certains que vous avez bien compris ce qu'ils vous offraient.

Pour ces serveurs du restaurant de Lagos, qui riaient chaque fois qu'ils me regardaient, jusqu'à ce que l'un d'entre eux vienne me demander, gêné, si je suis un acteur.

Pour cet homme qui s'est assis à côté de moi pendant que je regardais le palais national et qui s'est mis à me raconter le comment du pourquoi de sa visite au Portugal, sans autre introduction. Originaire de Dubaï, il m'a refilé son adresse courriel en me disant qu'il m'organiserait mon séjour là-bas n'importe quand. Tout ça en six minutes et demie.

Pour cette Thaïlandaise, rencontrée deux heures plus tard, qui me demandait à quelle heure le métro cessait de fonctionner. Je l'ai accompagnée jusqu'à la bouche de métro, où je l'ai abandonnée sans même savoir son nom...

Enfin, le Portugal est étrange parce qu'ici, les filles me trouvent drôle...

Ça prend toute sorte de monde pour faire un monde...

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