23 juillet 2012

Deux fois grand-père à 28 ans


Au sommet de Corcovado, Rio de Janeiro
Rio de Janeiro. Une des villes que je tenais absolument à visiter. Mais l'aventure a commencé en dents de scie et ne m'enthousiasmait plus tellement.

L'auberge de jeunesse que j'ai choisie n'a ouvert que récemment. On m'a refusé l'accès à ma chambre à mon arrivée, à 7 h 30 du matin, même s'il n'y avait personne dedans, parce que l'heure de l'enregistrement est à midi. Léger manque d'expérience.

On ne pouvait pas y trouver de cartes de la ville non plus. Je comptais sur eux, puisqu'il n'y en avait pas à l'aéroport. Pas plus qu'un guichet automatique ou un kiosque d'information. Ou bien j'ai mal regardé. Pas de carte, dans une ville inconnue, c'est un tantinet insécurisant.

Quand j'ai finalement pu sortir pour explorer, je suis allé m'acheter une bouteille d'eau. Premier commerce, première tentative d'escroquerie. La vieille dame à la caisse a profité de mon incompréhension du portugais pour éviter de me donner tout le change qu'elle me devait. Mais je veillais au grain.

J'ai mis un peu de temps à m'organiser et à savoir ce que je voulais faire. À choisir où j'irais ensuite. J'ai opté pour Paraty, à partir de demain, une ville située entre Rio de Janeiro et Sao Paulo. Mais il semble qu'il soit impossible d'acheter un billet de bus en ligne, au Brésil, sans un numéro d'assurance sociale brésilien. Misère! Je me rendrais ainsi au terminus en espérant qu'il reste des sièges.

Toujours dans la catégorie « pépins », il y a déjà quelques semaines que la lentille de mon appareil photo portatif est égratignée. Ce qui fait une tache sur plusieurs de mes photos. Mais je m'en remettais à la bonne vieille Bertha, appareil intermédiaire de l'âge vénérable de six ans, que j'ai aussi déposée dans mes bagages. C'est à la suite d'un coucher de soleil observé du sommet du Pain de sucre, montagne célèbre de Rio, que Bertha a rendu l'âme. Inutilisable.

J'ai donc passé ma matinée à me chercher un nouvel appareil décent. En raison des coûts d'importation, les prix sont beaucoup plus élevés qu'au Canada. Mais il faut ce qu'il faut. Je n'ai pas pris le meilleur, mais je pourrai continuer de photographier tout ce que je vois. 

Dans les commerces de la métropole, il est recommandé de payer comptant. Sans quoi les frais sont exorbitants. On m'aurait chargé 40 $ de plus. Vite un guichet automatique.

Sécurité

Quant à la sécurité, la question qui revient le plus souvent est de savoir s'il est dangereux de gambader dans Rio. J'avoue que je ne savais pas sur quel pied danser (ou gambader) quand je suis arrivé. Il y a plusieurs individus à l'allure louche un peu partout. Il y a des sans abri dans tous les coins. Disons que je portais une attention particulière à mon appareil photo (avoir su...).

Mais dès le premier soir, après une excursion sur la plage d'Ipanema et un repas tardif dans Copacabana, je suis rentré en métro, puis à pied, après 23 h. Sans problème. Les femmes se promènent encore seules tard le soir. Il y a donc très peu de danger.

Bien sûr il y a les favelas, ces quartiers pauvres aux bicoques entassées les unes sur les autres. Elles sont reconnues pour la pauvreté, les truands et les dealers. Les coups de feu aussi. Il est déconseillé de s'y rendre seul.

En vérité, depuis l'annonce de l'obtention des Jeux olympiques de 2016 par Rio, les policiers ont envahi les favelas, ont entrepris un grand ménage. Mais les gangs concurrents profitent de la faiblesse des revendeurs établis pour tenter de leur ravir leur territoire. Pas une bonne idée de s'y rendre en solo.

Je m'y suis présenté dans un tour guidé avec la compagnie Don't be a gringo, be a local. Je n'ai senti aucun danger. Mais il faut dire que la compagnie investit une partie des recettes dans les soins aux enfants de 0 à 4 ans dans la favela de Rocinha. Les guides sont connus des locaux...

Randonnée en scooter jusqu'au sommet de la favela, visite de l'atelier d'artistes,visite d'une pâtisserie locale, l'expérience fut très enrichissante. Quand on sait que les habitants des favelas ont de très grosses familles et que les couples commencent à avoir des enfants entre 12 et 14 ans, ça fait réfléchir. Il y avait même un homme de 28 ans qui était déjà deux fois grand-père...

Tourisme

Pour le reste, Rio est magnifique. On connaît Corcovado, avec son Christ Rédempteur, et le Pain de sucre. Dans le premier cas, il est recommandé d'acheter son billet de train pour gravir le montagne le plus tôt possible, quitte à revenir plus tard pour l'ascension. Dans notre cas, il aurait fallu attendre trois heures pour prendre le train, puisque nous n'avions pas réservé plus tôt. Nous avons opté pour l'autobus.

Au sommet, la foule grouillante laisse peu d'espace pour observer calmement le panorama. Mais il vaut bien entendu la peine de grimper. Particulièrement en fin de journée pour observer la vue de jour, le coucher de soleil et le vue de nuit.

Pour atteindre le sommet du Pain de sucre, le meilleur moyen est probablement d'éviter la file d'attente pour le premier téléphérique en grimpant le colline d'Urca à pied. Mais elle nécessite un certain effort. Un pas pire effort même. La vue tout au sommet constitue toutefois une bonne récompense.

Et il y a bien sûr les célèbres plages d'Ipanema et Copacabana, où le speedo et le string se portent avec fierté. Par des individus de toutes les tailles... Même en hiver, avec des températures frôlant les 30 degrés, les plages sont bondées.

Quant aux Brésiliens eux-mêmes, ils sont un peu comme les Français : les moins sympathiques travaillent dans l'industrie touristique. À peu près à chacun des guichets pour l'achat de billets, on nous fait une tête d'enterrement, comme si on détestait les touristes.

Les Brésiliens sont aussi un peu comme les Chinois, en ce sens qu'il faut éviter de les obstiner. C'est comme ça parce que c'est comme ça. Il fallait voir ce postier rester sur sa position quand je lui ai demandé des timbres. « Pas de timbres » qu'il répond. 

Où je peux acheter des timbres? « Pas de timbres! »

Bon écoute, je veux envoyer des lettres. Comment je fais? « Pas de timbre. »

C'est qu'ici, on imprime tout simplement la preuve de paiement sur la lettre à envoyer. Mais ce postier aurait tout simplement pu comprendre que je désirais acheminer des lettres et faire le nécessaire, sans avoir besoin de discuter...

Idem pour cette dame dans le métro, qui a refusé le change exact pour l'achat d'un billet. Je la soupçonne d'avoir voulu se débarrasser de sa monnaie.

Alors voilà ce que ça fait quand je passe plusieurs jours sans écrire. Vous êtes coincés pour lire un roman...

Aucun commentaire:

Publier un commentaire