31 mars 2017

Le vieux Lima et les catacombes

Plaza de Armas


Mon aventure d'exploration solidaire est lancée. Le 24 mars dernier, je m'envolais vers le Pérou et la Bolivie pour une aventure concoctée par Village Monde.

Les vols pour Lima, sur les ailes d'Air Canada, passent par Toronto. La neige qui a commencé à s'abattre sur le sud du Québec a provoqué quelques retards dans les vols (et dans l'arrivée d'un blogueur à l'aéroport), si bien que nous sommes partis pour Toronto avec une heure de retard. Pas de souci, le vol Toronto-Lima a aussi été retardé.

Avec tout ça, nous sommes arrivés à destination vers 2 h 30 du matin. Il semblerait que les vols pour le Pérou ont cette tendance à atterrir en pleine nuit. Le bon côté de la chose, c'est que le trafic n'est pas aussi dense que dans le reste de la journée.

Avec le route vers l'hôtel, nous nous sommes mis au lit vers 4 h.

Bien qu'on entende parler des inondations au Pérou depuis quelques semaines, ce n'est pas la totalité de la ville de Lima qui a été touchée. C'est plutôt la partie nord, de même que les villes situées elles aussi au nord. Les premiers jours de la catastrophe, une pénurie d'eau potable s'annonçant, les Péruviens se sont lancés vers les supermarchés pour faire des provisions. Évidemment, on a fini par organiser une distribution qui s'est rendue au rationnement.

Des vols d'urgence ont aussi été organisés pour rapatrier certains sinistrés vers la capitale.

Ceci dit, la capitale était complètement ensoleillée quand je me suis levé le 25. Rapidement, je suis allé explorer le quartier, m'arrêtant au très joli parc John F. Kennedy. Le wi-fi y est gratuit et les aménagements donnent envie de se poser. Mais comme je venais d'arriver, j'ai complété une boucle pour rentrer, à la rencontre de Jouhara, responsable des ressources humaines pour le Centre d'étude et de coopération internationale au Pérou.

Parc John-F.-Kennedy
Jouhara nous explique qu'une vingtaine de coopérants, volontaires, bossent au Pérou grâce au programme Uniterra. Spécialistes dans leur domaine, ces volontaires peuvent effectuer de la formation et superviser les populations locales dans la mise sur pied d'activités économiques.

On s'intéresse particulièrement au tourisme, au cacao et au café. Dans le dernier cas, ce sont les activités de barrista qui sont visées.

Dans certains cas, ils travaillent auprès d'enfants vulnérables pour leur permettre une bonne intégration au milieu du travail le moment venu.

Notre premier arrêt, pour manger, aura été dans l'excellent Cost Azul, dans le secteur de Miraflores. On y sert bien entendu des fruits de mer, et il était un peu difficile de résister au ceviche, que nous avons partagé, en plus de goûter le arroz cremoso de marisco, un riz crémeux aux fruits de mer. Le proprio, très sympathique, nous accueille en nous souhaitant bienvenue dans sa « maison ».

Restaurant Cost Azul
Pour explorer Lima, nous avons pris le bus rapide, qui fonctionne comme un métro, avec des voies réservées et des stations organisées. Le coût d'un passage est de 2,50 soles, mais il faut absolument utiliser une carte d'abonnement et la recharger. Aux bornes de rechargement, des gens comme nous attendent et demandent aux clients possédant une carte s'ils acceptent de les faire passer sur leur abonnement (en échange du prix d'un passage).

Nous avons ainsi roulé vers le vieux Lima dans un autobus bondé. À partir de ce moment, il faut prendre soin de son téléphone, de son portefeuille et de son passeport, qui risquent de disparaître si on ne les garde pas en sécurité.

À Plaza de Armas, la grande place centrale comme on en trouve un peu partout en Amérique du Sud, une scène avait été installée pour la présentation d'un spectacle bénéfice. On visait à accumuler des fonds pour les victimes d'inondations.

Là, devant le palais présidentiel, un immense écriteau a été installé avec le mot-clic #unasolafuerza. Une seule force. Derrière la grande clôture qui protège le palais, des bénévoles s'activent à trier les denrées et le matériel reçu pour les victimes d'inondations. On demande un peu plus d'information. Un garde bien gentil raconte que les bénévoles s'agglutinent dès 7 h du matin pour être admis dans le centre des activités. Toute la journée, ils réalisent les tâches qu'on attend d'eux pour confectionner des sacs de portions individuelles pour des familles touchées.

Le palais présidentiel


Pouvons-nous être nous-mêmes bénévoles le lendemain? « Mais comment ferez-vous si vous ne parlez pas espagnol?»

Aider, ce n'est pourtant pas si sorcier.

Nous avons laissé les bénévoles derrière. Et avons fait un arrêt à la Casa de la litteratura, qui sert de gare, de bibliothèque et de musée ferroviaire. L'intérêt, c'est la beauté du bâtiment.

Case de la litteratura
La visite la plus intéressante se déroule toutefois à l'église et au monastère Saint-François-d'Assise (San Francisco), reconnus au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il est toutefois interdit de prendre des photos dans le monastère.

Cathédrale Saint-François-d'Assise, à Lima
Le tour menant aux catacombes étant en espagnol, je n'ai pas tout capté, mais l'architecture du monastère, à elle seule, vaut le prix d'entrée (10 soles).

Au premier étage, une bibliothèque digne d'Harry Potter fera saliver tous les amateurs de lecture. On y trouverait plus de 25 000 livres répartis sur deux étages reliés par des escaliers en colimaçon. Des puits de lumières ont été construits au plafond et, à une autre époque, il était interdit de consulter les ouvrages en soirée. Les chandelles risquaient de consumer les précieux bouquins.

Là où les claustrophobes voudront peut-être rebrousser chemin, c'est dans les catacombes. Construit avec des portes en arches, le cimetière situé sous la cathédrale serait vraisemblablement le lieu le plus sécuritaire en cas de tremblement de terre.

On y trouve des milliers d'ossements, parfois disposés de façon artistique. On enterrait vraisemblablement toute les classes de la société là, entre la construction de la cathédrale, en 1546, et 1808.

En sortant, nous avons vu un mariage, une procession de moines qui chantaient des chansons, et dans une rue piétonne, des acteurs qui font la statue de façon assez morbide.

En rentrant, la décisions était prise : nous serions bénévoles le lendemain, devant le palais présidentiel.

Ce voyage est possible grâce à la collaboration de Village Monde, de la Fondation Air Canada, du CECI et de LOJIQ.

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