9 avril 2017

Pampalarama : 4400 m d'altitude au bout du monde

En route pour Pampalarama

Le bout du monde, en Bolivie, pourrait bien être Pampalarama, un village de la communauté Chicaltaya, à une trentaine de kilomètres de La Paz. Si près de la grande ville, et si loin tout à la fois.

On met d'ailleurs une cinquantaine de minutes, sinon une heure, pour quitter le monde urbain et s'enfoncer dans les terres. Le chemin, non pavé, ne permet pas la vitesse. D'un côté c'est tant mieux. On observe le paysage, les montagnes qui se déploient devant nous et les troupeaux de lamas qui broutent çà et là sans être inquiétés.

Les élevages de lamas sont d'ailleurs très importants dans la région. L'élevage constitue la principale activité économique, avec l'exploitation de la tourbe et l'artisanat. Le plus petit troupeau compte une vingtaine de bêtes. Les plus gros, plus d'une centaine. Autrefois, les villageois marchaient jusqu'à La Paz pour vendre leur laine. Aujourd'hui, ils utilisent bien sûr les moyens de transport motorisés.

Ces lamas sont fascinants. On dit qu'ils connaissent la route de leur maison. Quand le soleil commence à décliner, ils rentrent sagement chez eux sans qu'un berger ait besoin de les appeler...



En route pour Pampalarama
Pampalarama, c'est haut. Si l'aéroport de La Paz sied à environ 4000 mètres d'altitude, Pampalarama est encore plus haut, à 4400 mètres. Gare au mal de l'altitude si vous n'avez pas pris le temps de vous acclimater avant de monter. Et bien sûr, la température y est un tantinet plus fraîche.

Dans le village, le centre d'intérêt pour un touriste réside probablement dans l'écoauberge, une initiative de la communauté mise sur pied en 2009. De là, on peut choisir de se reposer, de faire un tour du petit lac situé à proximité, de visiter la communauté ou de braver l'altitude pour explorer les montagnes environnantes, jusqu'à 5300 mètres.

L'offre touristique se définit d'ailleurs en fonction de la nature, des lagunes, des lacs, des possibilités de randonnée, de la culture, avec la confection de tapis et de vêtements, et de la gastronomie de l'Altiplano, composée de quinoa, de fromage et de 60 variétés de pommes de terre. On cuisine aussi avec des herbes aromatiques de la cordillère des Andes et de la viande séchée.

L'écoauberge de Pampalarama

Roberto Poma, l'administrateur de l'endroit, rapporte qu'il faut protéger la faune et la flore de ce petit coin de Bolivie. Selon lui, les animaux sauvages désertent le secteur en raison de la pollution et des changements climatiques. «Il ne reste que 25 % de la neige d'il y a 50 ans», rapporte-t-il.

La communauté Chicaltaya, qui compte 70 familles, cherche à empêcher les coopératives minières de s'installer près de chez elle en évoquant ses droits territoriaux. Elle refuse aussi que des lignes électriques soient implantées dans le paysage.

Le tourisme est davantage concentré de mai à juillet. Des 3000 visiteurs, la très grande majorité provient de l'intérieur de la Bolivie. «Les vraies attractions touristiques sont dans les zones rurales», plaide M. Poma pour attirer la clientèle chez lui.

L'écoauberge de Pampalarama
L'administrateur cherche encore à attirer les agences de voyage, continue de se battre pour que le projet connaisse un certain essor. Les Français s'intéressent au produit, mais les agences offrant des séjours à Pampalarama n'ont jamais mis les pied dans cette région de Bolivie, déplore M. Poma.

Pourtant, on trouve une dizaine de chambres avec des lits individuels et des salles de bain. La protection de l'eau y est très importante et l'énergie solaire est utilisée.

Pour se poser quelques jours dans un décor plus grand que nature, Pampalarama constitue sans doute une option intéressante pour ceux qui veulent s'éloigner un tant soit peu des sentiers trop battus...

L'écoauberge de Pampalarama

L'écoauberge de Pampalarama
Ce voyage a été rendu possible grâce à la collaboration de Village Monde, de la Fondation Air Canada, du CECI et de LOJIQ.

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