16 décembre 2012

Quatre mois plus tard

Un clignement d'oeil, et quatre mois sont passés. Quatre mois depuis que j'ai franchi les portes de l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau pour replonger dans la vie dite normale. Quatre mois à reprendre mon souffle comme je le peux.

Tout le monde dit qu'il est difficile de rentrer de vacances. Il l'est encore plus de revenir de voyage. Et la difficulté ne peut être qu'à la mesure de l'expérience qu'on laisse sur les pages de notre histoire qui se conclut.

Tout bien réfléchi, les embûches ne sont pas précisément là où on les attend. Bien sûr, bien sûr, il y aura cette envie de monter dans le prochain avion vers « n'importe où sauf ici ». Bien sûr, il y aura aussi tous ces souvenirs auquel on s'accrochera et qu'on refusera de laisser partir, de peur de les oublier.

Il y aura aussi tous ces insupportables « Le temps arrangera les choses », presque aussi indigestes que les « Tu es encore jeune, tu vivras bien encore d'autres voyages ».

Oui mais...



La vérité, c'est qu'il y a forcément un deuil à faire. Et que de dire « une de perdue, dix de retrouvée » n'arrange jamais rien. Le temps ne comble jamais les vides laissés par ceux qu'on pleure non plus.

Idem!

Il y a eu une douleur. Pas physique. Mais une douleur quand même. Qui s'inscrit dans la mémoire du corps. Comme les quelques livres qu'on avait perdues et qui sont revenues. Il y a la remise en question, le besoin de retrouver ses repères, ou plutôt, d'en trouver des nouveaux. Et il en faut du temps pour recommencer à respirer librement.

Quatre mois et ça commence à se placer. Mais ce ne sera jamais plus comme avant. Je commence à avoir les idées un peu plus claires, mais toujours les mêmes appels du large. Le meilleur remède aux blues, c'est d'utiliser les apprentissages réalisés en cours de route. Apprendre à vivre avec les imprévus. Apprendre à accepter de ne pas savoir de quoi demain sera fait. Et se donner le droit de changer d'idée trois fois par jour.

En quatre mois, on applique aussi la belle résilience qui a fait notre succès à tellement d'occasions. Vrai que ce n'est pas beau de mentir. Mais quand on nous demande si les blues sont passés, après une semaine ou deux, personne ne veut nous entendre répondre par la négative. Les autres, ils ont envie de dire « secoue-toi » ou « reviens-en ».

Avec le temps, par chance, on garde contact avec ceux qui se sont plantés en travers de notre route. Je veux qu'ils soient dans ma vie longtemps. Et maintenant, je sais que c'est possible.

Au bout de quatre mois, au moins, on aura cheminé. Et si on n'en est pas encore arrivé à briser complètement le moule, on n'abandonne pas l'idée de continuer à taper sur le clou.

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