19 août 2012

Six mois de passés

Voilà qui est fait. Six mois durant, j'ai mangé, dormi, exploré à l'extérieur du pays. Le bilan de ce sixième mois est bien personnel puisque je savais très bien qu'il s'agissait du dernier droit.

Le sixième mois, c'est commencer à revenir dans sa tête. C'est se préparer pour éviter d'éclater en arrivant à l'aéroport. C'est relâcher une partie de l'état de veille, aussi, parce qu'on sait très bien qu'il n'y a plus de billets d'avion à acheter, qu'il ne reste que quelques villes à visiter.

Le sixième mois, c'est avoir une date butoir. Sentir que la flexibilité nous glisse entre les doigts, parce que ce 15 août-là, il faut être dans un avion qui part de La Havane. Pas la choix!

À tout le moins, après autant de temps sur la route, c'est être à l'aise avec n'importe quel imprévu. On ne les appelle d'ailleurs plus « imprévus », parce qu'on cesse de prévoir. On vit avec, c'est tout.


Pendant ces dernières semaines, je suis davantage passé en mode vacances, sachant que l'ordre relatif dans mes bagages n'importait plus. Sachant qu'au bout du 15 août, il n'y avait pas d'autres destination sur ma liste. Rien pour s'énerver et regarder en avant avec l'excitation des cinq derniers mois.

Après tout ce temps, j'avais aussi atteint un état d'acceptation des adieux, quittant des gens tristes de me voir partir sans pour autant être pris d'une déprime interminable. Mais vers la fin, cette belle nostalgie s'est réinstallée, un regard en arrière s'imposant au moment de grimper dans ce fameux dernier avion.

Enfin, c'est réaliser que la roue tourne. Au moment de faire son propre bilan, étrangement, on croise des gens qui viennent de se lancer dans le vide, qui partent à leur tour pour six mois, qui n'en sont qu'au jour deux ou trois de leur propre aventure. Et on se revoit avec notre belle naïveté, six mois plus tôt, dans cette auberge de jeunesse de San Diego. On sent qu'on doit passer le flambeau.

Il aura bien fallu ces six mois pour que je croise « enfin » quelqu'un qui me jugerait. Quelqu'un qui insisterait pour dire que ces six mois étaient beaucoup trop courts pour ce que je voulais accomplir. Pour me dire que je n'avais rien vu, rien vécu, et que je ne pourrais jamais prétendre avoir vu le monde si je ne faisais que passer quelques semaines dans chacun des pays. Comme s'il y avait un temps prescrit pour bien vivre, bien s'imprégner des autres cultures. Ce « monsieur »-là, il n'a pas fait l'unanimité autour de la table où on soupait ce soir-là. Mais quand même, l'ironie du hasard l'a fait arriver sur ma route à trois jours du générique... Et pour ceux qui se posent la question, il était Parisien.

Voici la liste des villes visitées au cours de ce sixième mois :

Portugal Lagos, Lisbonne
Brésil  Escale à Recife, Rio de Janeiro, Paraty, Sao Paulo, Foz do Iguaçu
Argentine Puerto de Iguazu, Buenos Aires
Cuba La Havane

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